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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 22:00

Voici l’intervention de Claude, qui a travaillé 10 ans au Burkina Faso pour ATD Quart Monde lors de la conférence à 3A sur le thème : « Les projets de développement, Les projets humanitaires, qu’en sais tu ? »

 

 

 

 

INTERVENTION POUR L’ ECOLE 3 A, Lyon, le  8 mars 2005

 

 

 

 

I-INTRODUCTION

 

 

 

Partager une expérience

 

 

Je ne vais pas vous parler de développement,

 

 

·         parce que je crois que je n’y connais  pas grand chose et

 

 

·         que je ne pense pas avoir participé à ce que couramment on appelle des projets de développement.

 

 

Je veux simplement vous partager mon expérience de rencontre et d’action avec des familles et des enfants en grande difficulté ou plutôt un regard sur ces expériences avec beaucoup de raccourcis, parce que le temps est trop court pour décrire des expérience et surtout leur contexte.

 

 

 

 

 

 

 

 

II -  DES  EXIGENCES INCONTOURNABLES POUR RESPECTER UNE POPULATION

 

 

 

Je voudrais vous parler de ces exigences liées à la rencontre et à la connaissance d’une population quand on veut agir en la respectant.

 

 

 

 

Ex de Paul : que fait ton père ? rien.  Alors qu’il cultive pour nourrir sa famille

 

 

Cela en dit long sur le regard que portent les gens sur leurs ressources propres, sur l’idée qu’ils se font d’eux mêmes. Pourtant Paul s’est investi dans l’agriculture dans le temps où il a vécu au village.

 

 

 

 

1)  SE RENCONTRER

 

 

Je ne développerais pas ici la description de toute la démarche qui nous fait mieux connaître les enfants et éventuellement les raisons qui leur ont fait quitter leur famille. Je m’en tiens à insister sur la notion de rencontre.

 

 

 

Il n'y a pas de rencontre entre celui qui sait et celui qui ignore, entre celui croit savoir et celui qui pense qu'il ignore, entre celui qui a et celui qui demande, entre celui qui a tort et celui qui a raison…

 

 

La rencontre n'est pas une démarche initiale, elle est la condition permanente d'une relation patiente dans laquelle personne n'impose rien à personne. Dans la rencontre, chacun peut exister dans son savoir, son expérience, sa pensée, sa fierté. Elle est réciproquement valorisante. Elle doit encourager chacun à être en mesure de poser des gestes pour le bien de ceux qui l'entourent et ainsi contribuer à redonner sens à sa vie.

 

 

 

 

Rencontrer dans la rue des enfants qui ne sont pas de la rue

 

 

“ Rencontrer ” est en soi une action qui nécessite d’avoir été étudiée sur le plan de la manière d’être et du savoir-faire. La première rencontre est en effet décisive car elle conditionne la nature des relations qui se vivront ensuite avec l’enfant. Or, un enfant qui vit dans la rue n’est pas un “ enfant de la rue ” réduit à n’être que sa situation. Il est avant tout un enfant issu d’une famille, porteur d’un savoir familial, d’une éducation, et donc d’un regard sur le monde qui l’entoure. La volonté de découvrir ce point de vue oriente le sens des actions culturelles menées dans la rue qui sont à la base de la ‘‘détection’’ et de la rencontre des enfants.

 

 

Ces actions menées dans la rue ne peuvent être constructives que dans la mesure où elles sont menées avec précision. Par exemple, en ce qui concerne les ‘’bibliothèques sous les lampadaires’’, elles ont lieu chaque semaine, rigoureusement le même jour à la même heure. L’animateur doit savoir rejoindre les enfants où qu’ils soient pour que ce rythme devienne un repère. Chaque séance est préparée : l’animateur doit connaître parfaitement les livres qu’il emmène et l’objectif de dialogue qu’il poursuivra à l’aide de ceux-ci. Enfin, après chaque séance, un écrit relate les réactions et paroles des enfants le plus précisément possible. Dans la mesure du possible, les noms des enfants sont consignés afin de pouvoir suivre au mieux leur parcours et s’assurer qu’aucun enfant rencontré ne sera oublié."

 

 

 

 

Autres exemples d’actions rencontre :

 

 

Bibliothèques de marché : se former à aller à la rencontre d’un savoir, d’une intelligence d’une population rurale

 

 

Action au village : à travers des actions d’éveil pour des enfants non scolariser, entrer  dans les perceptions, les préoccupations d’une population d’un village face au travail, à l’éducation, le savoir, les ressources…

 

 

 

 

Rencontrer des parents qui ont des projets pour leurs enfants et des ressources

 

 

Dans la même perspective on n’a pas été rencontrer des parents parce qu’ils pont trop pauvres pour retenir leurs enfants ou qu’ils ne les assument pas, ou des parents qui ont des problèmes avec leurs enfants.

 

 

Rencontrer des parents :

 

 

·    c’est d’abord les rencontrer pour eux-mêmes, parce qu’ils sont les parents de cet enfant qu’on a rencontré, c’est lever la peur qu’on vient à cause du mauvais comportement de l’enfant, ou au nom d’une autorité ou d’un pouvoir qu’ils redoutent,

 

 

·    c’est dépasser avec eux l’idée qu’elles ont moins à offrir à leurs enfants que nous,

 

 

·    c’est les restaurer dans leur honneur de parents qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient,

 

 

·    c’est rencontrer une communauté avec laquelle ils vivent , dont ils dépendent.

 

 

 

 

2)  SE REJOINDRE DANS LES ATTENTES DES POPULATIONS, LEUR EMBOITER LE PAS, CONTRIBUER A  LEURS EFFORTS

 

 

 

 

laisser le temps et l'espace aux parents pour exprimer leurs idées, leurs projet,

 

 

EX :

 

 

Il a fallu 4 ans de rencontres avec la famille de Inoussa, d'hésitations du papa, de retours et de départs de l'enfant pour que le papa affirme un jour haut et fort que la place de son fils était en famille, au village et qu'il pourrait y mener une activité d'élevage. C'est après ces 4 années de rencontres régulières que nous avons renforcé le choix de ce papa par l'achat d'un mouton.

 

 

 

 

Pour Mouni, trouver une activité en famille n'a pas été facile. En effet, il a les mains atrophiées, ce qui ne lui permet pas de s'intégrer à l'artisanat familial : la poterie. Tout étant discuté devant un grand nombre de personnes, les remarques des uns et des autres ont permis de trouver une piste. Un oncle avait remarqué que Mouni aidait souvent les enfants à abreuver les bêtes au bord du puits, et l'idée qui en découla fut qu'il était sans doute capable de s'essayer à l'élevage. Mouni exprima alors le souhait d'avoir un bœuf, mais son prix est plus élevé que la somme que nous voulons engager pour chaque enfant et cela pose la question des raisons pour lesquelles on investirait dans cet enfant de la famille plutôt qu'un autre de tels moyens de promotion en une fois. On ne sait pas quel rejet, quel déséquilibre on pourrait provoquer.

 

 

C'est un des vieux parents, toujours présent, qui a laissé entendre que l'on peut commencer petit, même avec des volailles, pour avoir un jour un bœuf ! Le grand-père rajoutait que s'il ne survient pas de maladie, au village tout finit par produire. A un oncle ayant lui-même un troupeau, nous avons laissé de l'argent pour une chèvre. A la visite suivante, l'oncle nous a rapidement informé qu'il avait négocié la chèvre de telle sorte qu'il restait de l'argent : il demandait ce qu'il fallait en faire. Nous en avons ajouté pour acheter un mouton. C'est donc sous le parrainage de cet oncle que Mouni est maintenant responsable de quelques animaux. L'an dernier, un différent est apparu entre Mouni et son oncle. En effet, Mouni est toujours instable et continue des aller-retour entre le village et Ouagadougou, mais le souci de son bétail le ramène toujours en famille au bout du compte. Or, cette fois, il avait décidé de vendre ses animaux, non pour progresser dans l'élevage, mais pour empocher l'argent. L'oncle s'interposa, bien que Mouni prétendit que ce bétail était le sien : l'oncle avait lui même procédé à l'achat, et garanti la survie des animaux lors des absences de Mouni, il en était donc lui aussi responsable. Il avait compris que plus qu'un bien en tant que tel, ce bétail était le projet sans lequel rien ne retiendrait Mouni en famille. D'y avoir été impliqué dès le départ, à sa juste place, lui a donné la force de ne pas s'en désintéresser au moment difficile et garantit un avenir au but fixé par Mouni, quelles que soient ses faiblesses.

 

 

 

 

Laisser  à la communauté l’espace d’ apporter sa contribution

 

 

Exemple  de Paul dont l’accès à toutes les activités qu’il a pratiquées quand il est revenu vivre au village, dépendent d’un parent :

 

 

 

 

 “ L’équipe de la Cour aux Cent Métiers a pu faire le même constat avec plusieurs autres enfants qu’elle a accompagnés : leurs périodes de stabilité et d’activité sont liées à l’implication d’un membre de la famille. Prudence[1] a commencé à rester stable quand il a rejoint le centre d’accueil dans lequel un de ses “ frères ” – un cousin – issu de son village d’origine était animateur. Il n’a pas accepté de revivre chez ses parents au village, mais il habite aujourd’hui dans la cour d’un parent à Ouagadougou. Il y pratique la teinture traditionnelle qui est le métier de ce parent. B. – autre jeune déjà évoqué – a quitté la rue parce qu’il avait la possibilité de commencer un apprentissage chez un carrossier, en habitant chez un “ oncle ” (un proche de son papa à qui il avait été confié enfant). Ce même oncle avait négocié, avec le carrossier, son placement en apprentissage. Puis tout au long de l’année qui a suivi, il est venu intervenir auprès de lui dans les moments difficiles liés au comportement de l’enfant.

 

 

Ainsi, pour tous ces jeunes sans formation, la dépendance à des membres de la famille est un réel recours pour s’insérer dans une activité qui permet de vivre. Pour la plupart des habitants du Burkina, elle est la vraie chance – voire pour certains la seule – de trouver des lieux pour gagner sa vie ou accéder à un apprentissage en y étant considéré. En ce sens, la recherche d’autonomie, notion si chère aux initiateurs de démarches d’insertion économique et sociale, pourrait être un vain mot. Le parcours de Paul au village nous montre combien le fait d’accepter d’être interdépendants les uns des autres est, non pas un frein, mais un rythme, et un mode de fonctionnement qui permet l’activité. ”

 

 

 

 

 

 

3)  NE PAS IMPOSER DE VISION, NI DE LA REUSSITE, NI DE LA PAUVRETE

 

 

 

 

Rencontrer, c'est ne pas imposer une vision dominante de la réussite par l’enrichissement, l’émergence individuelle, mais de tenir compte de ce qui fait les forces, les ressources d’un milieu, de sa capacité à vivre ensemble

 

Le discours dominant des enfants est : "Je suis venu en ville pour chercher de l'argent, du travail. Ils ont l'espoir de gagner de quoi de rentrer chez eux avec quelque chose pour eux mêmes, ou pour se lancer dans un petit commerce au village ou pour aider leur famille. C'est pourquoi la majorité des actions de réinsertion en faveur des enfants vivant dans la rue leur proposent de se stabiliser dans un lieu de vie, d'y suivre un apprentissage et enfin, si possible de retourner exercer cette activité dans le milieu familial. Il y a des enfants qui réussissent à profiter de cette chance et aboutissent à une activité qui les stabilise, les fait vivre et parfois soutient leur famille. Mais ce chemin ne correspond pas à tous les enfants car nombreux sont ceux qui, trop fragilisés, ne s'adaptent dans aucun centre ou lieu d'apprentissage.

 

 

 

 

L'exemple de Joseph apporte un certain éclairage : le sachant en ville, son père insistait pour qu'il s'inscrive dans un apprentissage mais Joseph ne bougeait pas. L'année suivante, son père lui demanda de venir l'aider à cultiver et il accepta d'y aller !

 

 

Sa stabilisation en famille ne s'est pas faite en une fois, (car comme le constatent tous les intervenants, le retour de l'enfant en famille nécessite un temps de ré apprivoisement réciproque) mais il a tenu cahin-caha trois ans en famille.

 

 

Maintenant, Joseph exprime son projet d'améliorer la culture, de trouver une activité commerciale en complément parce qu'il sait aujourd'hui ce qui se fait et ne se fait pas au village. Il a exprimé au Session d'étude de Juin 2003 son souci, en tant que jeune d'être le relais de certaines pratiques coutumières.

 

 

"Au village, on voit beaucoup de choses de la vraie vie.

 

 

Il y a plusieurs choses qui se font dans la famille et si tu n’es pas là, tu ne peux pas les connaître.

 

 

Il y a des choses qui se passent en famille et dans la coutume, que seuls les enfants peuvent faire. Et s’il n’y a pas d’enfants, c’est difficile.  C’est nous qui allons prendre la relève, donc nous sommes obligés d’apprendre...

 

 

Au village, il y a mes parents, mes frères et je suis content de les voir.

 

 

Les conseils de mes parents m'aident. Ils me disent tout le temps de ne plus retourner en ville, de rester au sein de sa famille, que je peux les aider à travailler aux travaux familiaux. Le fait de travailler avec la famille, ça leur permet de changer de regard sur moi, ils me disent que c’est bien, que j’ai changé."

 

 

Plus qu'avoir un métier pour vivre, Joseph a le souci d'être de son milieu.

 

 

 

 

Alors, est-il plus important de savoir appartenir à une communauté qui vous donnera en retour des clés, des savoirs, une place pour pouvoir y vivre, y mener des activités, y réaliser des projets et des améliorations, ou d'apprendre un métier pour gagner de l'argent?

 

 

L'un n'empêche pas l'autre, mais dans le contexte burkinabé, le métier sans le "savoir-être" dans la communauté ne mène pas loin. Or, l'apprentissage de la vie avec la communauté ne peut, comme celui d'un métier, se faire à l'extérieur.

 

 

Nous avons constaté que pour les enfants les plus fragilisés dans leur personnalité, ce rapport à la famille et à la communauté est déterminant.

 

 

C'est pourquoi, dans cette rencontre avec les enfants et leur famille, il n'y a pas modèle de réussite qui nous conduirait à considérer comme un échec certains chemins. Il n'y a pas d'un côté des paysans ou des fabricants de briques en banco (boue séchée) et de l'autre des métiers de demain. Les deux ne peuvent s'exercer que dans un contexte humain équilibré et redonner un sens à la vie de celui qui les exerce. .

 

 

Sinon le risque est que les parents perdent foi dans ce qu’ eux peuvent transmettre et proposer à leurs enfants.

 

 

 

 

Valoriser un type d’éducation reçue dans la communauté

 

 

"On a observé que Paul est capable de tenir ses activités au village, d’être persévérant, malgré un contexte de tensions familiales, en particulier en ce qui concerne les relations avec son père.

 

 

 

 

On constate également qu’il a accepté de travailler chez son oncle sans savoir combien celui-ci le payera, ni même s’il le fera, tout en se laissant observer par lui. Le fait que Paul parvienne à tenir ces conditions montre combien l’empreinte éducative de son milieu d’origine est restée forte en lui, malgré la période passée en ville. L’équipe a observé que les enfants qui ne sont pas aussi ‘‘construits’’ au départ ne parviennent pas à demeurer dans leur famille.

 

 

C’est parce que Paul se plie aux conditions implicites que l’oncle lui propose que celui-ci entre en confiance avec lui et lui transmet son savoir-faire. Aujourd’hui encore, c’est en parvenant à vivre et à travailler avec les autres, en acceptant de dépendre d’eux, que l’individu verra la communauté lui apporter les soutiens indispensables à la réalisation de ses projets. Or, vivre et travailler avec les autres s’apprend dans une éducation que l’on reçoit dès son plus jeune âge au sein d’une famille élargie. Dans un milieu comme celui de Paul, savoir se laisser conduire, savoir faire confiance à des personnes précises de sa communauté comme son oncle maternel[2] est le fruit d’un apprentissage, d’une éducation reçue. Le droit à l’éducation, dans ce contexte, n’est pas – et ne doit pas être – réduit au droit à l’instruction scolaire ou professionnelle, il va au-delà, jusqu’à l’instruction d’une manière d’être que façonne le milieu dans lequel on grandit. L’apprentissage de ce “ savoir être dans la communauté ” ne doit pas être affaibli en faveur de l’instruction – scolaire par exemple – car il conditionne la possibilité d’un projet durable au sein de la communauté. ”

 

 

 

 

Laisser les personnes avoir un regard sur elle même, leur expérience, en matière d’éducation, de communauté, de travail etc.

 

 

Il faut  leur donner l’occasion de l’exprimer pour ne pas être définies constamment par l’extérieur comme pauvres, n’étant pas en mesure de fournir le nécessaire à leurs enfants, comme des personnes à éduquer ou à sensibiliser.

 

 

 

 

Ainsi, ces populations qui ont considéré que savoir vivre et travailler avec les autres était une richesse fondamentale à transmettre par l'éducation en viennent à se considérer comme démunies devant leurs enfants. En vertu de quels repères, de quelles références nouvelles ? Il est certain que la pénétration d'informations massives sur les conditions de vie des pays dits "développés", sinon au minimum sur la vie urbaine de la capitale, n'y est pas étrangère.

 

 

 Mais on peut aussi imputer une responsabilité au mode d'intervention classiquement trop factuel des projets dits de développement : ils mettent en lumière certes des précarités en matière d'accès à l'eau, à la santé, à la production, à la participation à la vie économique et sociale de leur pays, mais ne savent pas recenser ni réinvestir comme une force la richesse du “ vivre ensemble ” qui rendait la vie possible au delà de tout. Peu à peu, les populations ne se définissent plus que par rapport à leurs précarités matérielles, sans avoir eu l'occasion de réaliser les caractéristiques de ce “ vivre ensemble ” qui leur permettait de les surmonter, d'y porter un regard, et donc de prendre les moyens de le préserver.[3]

 

 

 

 

 

 

III - CONCLUSION :

 

 

 

 

Toute tentative d’amélioration des conditions d’existence des familles vivant dans l’extrême pauvreté, qui se ferait en conformité aux droits de l’homme, ne pourra contourner ces trois exigences, dans les pays du nord comme dans ceux du sud :

 

 

 

 

·    Se rencontrer : tout homme a le droit d’être rencontré en tant que lui-même, dans son appartenance, ses aspirations, son expérience de vie et sa vision de celle-ci, au delà de sa situation, de ses difficultés, afin que fort de ses éléments, il puisse contribuer au bien des siens et de sa communauté

 

 

Rencontrer se fait au cœur d’une action, d’un faire, d’un vivre avec

 

 

 

 

·    Rejoindre les familles dans leurs efforts et tentatives c’est les reconnaître auteurs et acteur des droits . Les droits de l’homme sont une notion que toute personne a en elle avec ses mots, ses références, et qu’elle ne cesse de mettre en œuvre avec ses gestes, ses moyens, et ses espérances.

 

 

Ne pas s’enfermer dans des objectifs, mais se trouver dans suffisamment de durée et de proximité avec une population, pour pouvoir partir d’une action, d’un projet simple, élaborer les étapes suivantes  avec elles. Ne pas être en position de celui qui gère et distribue des moyens

 

 

 

 

·    Toute personne, toute famille, toute communauté a le droit d’avoir le temps et les moyens de se former un regard  sur elle-même, sur son savoir, ses ressources éducatives, économiques, sociales, sur ce qui est réussir sa vie.

 

 

Ne pas créer par des projets trop rapides, des attentes et des besoins qui poussent les populations à se regarder de manière dévalorisante

 

 

 

 

Autant que de campagnes et de grands projets, la mise en œuvre des droits humains nécessitera beaucoup de vie en proximité avec les plus pauvres .

 

 

 

 

La mise en œuvre de notre devoir de solidarité et de partage devrait  provoquer  à plus de convivialité  entre les personnes, les familles, les communautés qui diffèrent par leur appartenance sociale, leur permettre de mieux se connaître entre elles.

 

 

Cela pousse concrètement  à faire des choix dans les moyens de cette mise en œuvre: il y aura autant à investir dans l'amélioration du contexte matériel de vie des familles, des communautés que dans la formation des intervenants  (travailleurs sociaux, éducateurs, enseignants, juristes…) pour être en mesure de rencontrer et accompagner ces familles et ces communautés dans leurs efforts pour rester ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Voir infra p. 31.

[2] Il faut ajouter que la famille maternelle est dans la société mossi le lieu du lien affectif avec l’enfant. La famille paternelle représente plutôt la figure de l’autorité. Il n’est en ce sens pas anodin que Philippe soit le frère de sa mère, Paul se réinscrit donc aussi à ce niveau dans la culture qui est la sienne.

[3] Sur ce sujet, voir l'étude de A.-M. Gueneau et B. Lecomte, Sahel : les paysans dans les marigots de l’aide, Alternatives Paysannes, L'Harmattan, Paris, 1998, 280 p.

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Published by Claude - dans Développement
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commentaires

Basile 28/07/2005 10:02

Votre site est vraiment très intéressant. Je suis tombé dessus par hasard et l'ai tout de suite mis dans mes favoris.
Je vais bientôt en parler sur le blog du site de mon association œuvrant pour le développement du continent africain et plus particulièrement du Bénin.

A très bientôt, on reste en contact.

Basile

Association VIDOME
“Une maternité pour Kokoro (Bénin)”
http://www.vidome.com

BoriBana 10/01/2014 08:59



merci



Romain 15/07/2005 07:17

Bonjour,
très bien ce blog conseillé par un copain ! Les questions qui s'y posent ont le mérite d'être claires et de faire réflechir...
Je ferais une petite note sur le mien et vous mettrai en lien...
On reste en contact.
Romain

BoriBana 30/10/2014 08:04



A suivre