Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2005 3 04 /05 /mai /2005 00:00

 

 

         On se la pose inlassablement cette question du développement !

 

Eh bien cet aprèm, j’ai bien l’impression d’avoir franchi un cap. C’est Claude qui a éclairé ma lanterne qui manquait un peu de pétrole depuis peu…

 

 

         J’ai pu constater que les rencontres, c’est mieux que les livres parce que c’est vivant et inattendu…le savoir est à chaque coin de rue ! C’est pas parce qu’on nous dit que les gens ne communiquent plus qu’on n’a plus droit de communiquer ! (N’est ce pas l’ami !)

 

 

         Dans cette école, qui ne sait jamais posé la question d’intégrer un projet de développement ? Ca tombe sous le sens pour des gens comme nous qui voulons contribuer à un monde plus harmonieux. A travers des projets, de l’action de terrain concrète, les choses peuvent avancer… Mais ne te sentirais tu pas frustré si après deux ans au sein d’une ONG, ton projet n’ait pas amené une seule chose matérialisable (un pont, une bibliothèque ou un dispensaire par exemple) ? Tu pourrais tout de même la pointé du doigt et dire : "Ca c’est moi qui l’ai fait ! ».

 

 

         Claude lui ne résonne pas du tout comme ça. Pour lui, la rencontre constitue une action permanente d’un projet de développement (pour ne pas tout confondre, le terme de projet de développement ne devrait pas être employé ici, si vous avez des idées, n’hésitez pas ?). Qui accepte de vivre avec les gens ? De mettre de coté le 4*4, le costume, le rendez vous quotidien dans le bar des expat’…

 

        

L’important c’est la rencontre, la compréhension de l’autre, l’échange mais cette logique n’est pas la pensée dominante du milieu « développement ». Peut-être avez-vous déjà eut la vision d’une grosse voiture avec le sigle « UN » à tout allure dans le dédale des rues d’une mégalopole africaine. Pape Diallo, un ami sénégalais me disait d’ailleurs hier : »Ca doit être une sacrée entreprise les Nations Unis ! »

 

 

        Et si le « développeurs » faisaient plus de mal que de bien ?

 

 

Quelle est la base de la majorité des projets ? C’est d’établir un manque, un trou qu’il faut combler. Cette base qui tombe sous le sens de trop nombreuses personnes ne proviendrait elle pas d’un pré requis néo colonial en chacun de nous ? Non, pas moi vous vous dites, c’est impossible…

 

 

Fixer un manque, c’est nécessairement se donner un mode de vie comme référence en l’occurrence le notre. Mais en quoi est il supérieur ? Et au fait, le développement consiste t il en la création de besoins ?

 

 

A mon avis, la différence entre l’humanitaire et le développement se situe ici à savoir que dans le premier on comble un manque et dans le second on se base sur l’existant pour avancer.

 

 

Le facteur durée prend ici toute son importance. Encore hier j’ai répondu à une offre de l’ONG Solidarités qui proposait un poste consistant en la réalisation d’une étude qui permettra d’affecter un projet d’assainissement au Niger. Le problème c’est que la mission était de trois mois !!! Comment établir une relation pérenne dans cet espace temps ? Comment se rendre compte des réalités, s’immerger dans la culture, comprendre la langue, repérer les mécanismes du quotidien ?

 

 

La productivité, érigée comme valeur phare, néglige le facteur temps. Or la question est avant tout : Comment faire pour bien faire ?

 

Combien de projets contre productifs, inefficaces voir destructeurs ?

 

 

N’ayons pas peur de se poser les questions de fond, de remettre en cause notre enseignement et se dire qu’il nous serre à rien sinon à empirer les choses.

 

 

« Les hommes nous enseignent à penser comme des poules et nous nous croyons véritablement des poules, bien que nous soyons des aigles. Etendez vos ailes et envolez vous ! Et ne vous contentez jamais des grains que l’on vous jette. »

 

James Agrey

 

 

N’hésitez surtout pas à régir !

 

 

 

Ben hur

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Axel 23/02/2005 03:27

"Fixer un manque, c’est nécessairement se donner un mode de vie comme référence en l’occurrence le notre." Non, pas nécessairement du tout: par exemple, le manque d'eau potable est un manque ressenti de la même manière par tous les hommes. Peut-être ne faut-il p as avoir une vision fantasmée des conditions de vie des cultures traditionnelles et encore moins de leurs structures sociales (pense aux infirmes, handicapés mentaux, femmes stériles, homosexuels, albinos...)la tolérance face à la déviance et la liberté de conscience sont dialectiquement plutôt l'apanage des sociétés de culture individualiste (ce n'est pas un gros mot).

Ignace 04/02/2005 08:52

Ma réponse/commentaire à Ben, fait l'objet d'un article à part entière intulé tout simplement : "réponse à "allons plus loins""...